Matière première accessible facilement, les cuirs et les peaux ont été, et sont encore, très prisés dans la fabrication d’objets en tout genre. Ils regroupent :
- Des objets archéologiques : retrouvés généralement en milieu lacustre ou de rivière dans nos contrées tempérées, il s’agit d’artefacts gorgés d’eau dont la pérénnité exige des mesures de conservation strictes ; il s’agit souvent de semelles de chaussure, de bourses, etc.
- Des objets ethnographiques : peaux des instruments de musique, maroquinerie, effets personnels et domestiques, etc.
- Des objets historiques et contemporains : accessoires de vêtements, tapisserie, panneaux décoratifs, ameublement, reliure d’ouvrages, etc. Les parchemins relèvent aussi de cette catégorie.
Le cuir est le résultat du travail de la peau animale. Pour devenir un cuir, la peau est écharnée, épilée, déchaulée, tannée, parfois colorée, et peut être peinte ou décorée. Les cuirs de Cordoue ou cuirs dorés, par exemple, sont connus pour la qualité et le travail de leur cuir et de la polychromie à leur surface.
Les propriétés des peaux, et donc des cuirs, divergent selon l’animal (mammifères ou autres) : vache ou bœuf, veau, mouton, agneau, chamois, mais aussi crocodile, serpent, etc. Les dégradations ne seront donc pas tout à fait les mêmes selon la nature des peaux et leur emplacement sur l’animal, les étapes de la chaîne de transformation de la peau en cuir, etc. Les peaux et cuirs ne se dégradent pas de la même façon selon qu’ils séjournent dans l’eau ou restent à l’air ambiant. Un des points communs des altérations subies reste tout de même les attaques biologiques : les moisissures, champignons et autres micro-organismes, que ce soit dans l’eau ou à l’air libre, aiment se nourrir de ce matériau.
Sec, il s’agit d’un matériau poreux, « vivant » qui est très sensible à la lumière, aux UV, à la chaleur. Le temps, les altérations et de mauvaises conditions de conservation peuvent lui faire perdre sa souplesse, devenir cassant et modifie sa chimie intrinsèque.
Retrouvé totalement trempés, en partie déstructurés, seuls des traitements adéquats de séchage (consolidation structurelle par une résine, lyophilisation) permettent de les conserver sur long terme, si tant est que de bonnes conditions de conservation leur soient ensuite appliquées.

