Par définition, les créations contemporaines sont récentes. Malgré cette modernité qui pourrait suggérer qu’elles échappent aux dégradations, elles requièrent toutefois une attention particulière. Loin des clichés, les créations contemporaines sont parfois fragiles et nécessitent d’être conservées et exposées dans des conditions de conservation idoines, et peuvent faire l’objet de projets de conservation-restauration.
Riche par sa diversité, l’art contemporain recouvre un champ de techniques extrêmement variées : peinture, sculpture, installation artistique, art graphique, photographie, film, fonds numérique, etc. Les matériaux mis en œuvre sont souvent assez différents des matériaux traditionnels et demandent des connaissances complémentaires. On peut trouver des œuvres sonores ou visuelles, en 2D ou 3D, constituées de caoutchouc, de plastique ou polymères, de latex, de mousses, combinés à des peintures, du papier, du métal, etc. Les œuvres contemporaines sont donc souvent composites. Au regard de cet aspect hétérogène, une même intervention peut amener des conservateurs-restaurateurs de spécialités différentes à collaborer.
Dans le domaine de l’art contemporain, l’activité de conseil auprès des artistes au moment de la création peut également être importante. Le conservateur-restaurateur peut accorder des conseils sur la stabilité des matériaux et documenter l’avis de l’artiste sur la pérennité de ses œuvres. Le conservateur-restaurateur a également la capacité à réfléchir sur le devenir des productions artistiques de son temps (nouvelles nécessités, méthodologies, spécificités, etc.).
C’est un domaine relativement expérimental, où bien souvent chaque cas de restauration est singulier et peut-on dire unique. Ainsi, chaque projet contribue au recensement d’avis datés d’artistes, des typologies des altérations propres à ces œuvres spécifiques, de dossiers richement documentés qui deviennent chacun des cas d’école.

