23 Oct 2026 | Actualités
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Quatre ans après l’achèvement de sa restauration, le Retable d’Issenheim fait l’objet d’une publication réunissant les connaissances acquises au cours de ce chantier majeur. Prévu pour décembre 2026, l’ouvrage revient sur les interventions menées entre 2018 et 2022 et sur les découvertes scientifiques qui ont renouvelé la compréhension de ce chef-d’œuvre de la Renaissance.
Conservé au musée Unterlinden de Colmar, le Retable d’Issenheim, dont les panneaux ont été peints par Grünewald et les sculptures réalisées par Nicolas de Haguenau, a bénéficié d’une campagne de restauration entre 2018 et 2022. Conduite par le musée avec le concours de restaurateurs, de scientifiques et d’historiens de l’art, cette intervention s’est notamment appuyée sur les investigations du Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF).
Pour la première fois, les panneaux peints, les sculptures et leurs encadrements ont été étudiés et restaurés dans leur ensemble. Les résultats de ces travaux sont aujourd’hui rassemblés dans Le Retable d’Issenheim : la restauration d’un chef-d’œuvre, un ouvrage collectif publié par In Fine éditions d’art en partenariat avec le musée Unterlinden.
Une meilleure connaissance des matériaux et des techniques
L’étude simultanée des différentes composantes du retable a permis d’identifier des correspondances entre les techniques employées par Grünewald et Nicolas de Haguenau. Les analyses ont notamment révélé l’utilisation commune du tilleul ainsi que certaines similitudes dans la préparation des supports.
L’une des principales découvertes concerne la polychromie des sculptures. Longtemps considérée comme largement postérieure à leur réalisation, l’essentiel de la couche picturale aujourd’hui visible a pu être daté du début du XVIe siècle. Les investigations ont également mis en évidence une mise en œuvre complexe, réalisée en plusieurs phases successives.
L’examen des panneaux peints a, quant à lui, permis d’approfondir la connaissance des procédés de Grünewald, notamment dans l’emploi des pigments, des liants, des glacis et des superpositions de couches picturales. Les similitudes observées avec la polychromie des sculptures suggèrent des échanges entre les ateliers, sans permettre d’attribuer avec certitude cette dernière à celui du peintre.
Préserver la matière et les traces de l’histoire
Au-delà des découvertes techniques, la restauration a contribué à préciser l’iconographie du retable et à mieux comprendre ses usages liturgiques lorsqu’il se trouvait dans la commanderie des Antonins d’Issenheim. Les interventions ont été guidées par une démarche de conservation privilégiant la préservation de la matière originale, sa consolidation et l’amélioration de la lisibilité de l’œuvre. Les restaurateurs n’ont pas cherché à restituer un état originel supposé, mais à conserver les traces de son histoire. L’ouvrage aborde également la manière dont la restauration a modifié la perception du retable par les visiteurs. Une étude menée au musée en 2018, puis en 2022, a associé oculométrie, entretiens et questionnaires afin d’analyser l’évolution du regard porté sur l’œuvre.
Réunissant les contributions de 27 conservateurs, restaurateurs, scientifiques et chercheurs, cette publication de 304 pages, illustrée d’environ 350 images, constitue une synthèse des connaissances acquises au terme de plusieurs décennies de recherches.
Le Retable d’Issenheim : la restauration d’un chef-d’œuvre, In Fine éditions d’art / Musée Unterlinden. Parution prévue en décembre 2026. 304 pages, 49 €.

